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De la pastorale catéchuménale à une théologie de l’initiation chrétienne

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Modèle catéchuménal et action mystagogique

Nous publions ci-dessous, avec l'aimable autorisation de son auteur, Roland Lacroix (ISPC), l'intégralité de la conférence de celui-ci qui fut donnée aux dernières Assises de Santiago 2014.

Depuis les Assisses internationales de Paris, il y a quatre ans, qui avaient comme axe de travail les nouvelles perspectives entre catéchèse et catéchuménat, la recherche sur le « modèle catéchuménal » s’est poursuivie à l’ISPC. Nous avons tenté de mieux cerner et préciser ce modèle. D’une part en animant, avec le professeur Jean-Louis Souletie, directeur de l’Institut Supérieur de Liturgie, des séminaires de recherche sur ce thème. D’autre part en animant avec le frère Isaïa Gazzola, enseignant à l’Institut Supérieur de Liturgie et spécialiste de l’initiation dans les premiers siècles, des « Ateliers d’analyse des pratiques catéchuménales ». Enfin, en ouvrant le site internet : « Observatoire international des Pratiques  catéchuménales ». Ma communication veut faire écho à cette recherche.

L’histoire française du catéchuménat des adultes a montré l’intérêt et les limites d’un modèle uniquement pastoral qui s’est trouvé incapable de penser l’initiation chrétienne comme telle. J’aimerais montrer, à partir de cette expérience française du catéchuménat des adultes d’une part, et de la recherche en théologie de la liturgie, en théologie sacramentaire et en théologie catéchétique d’autre part, que l’on ne peut pas en rester à une compréhension uniquement pastorale du modèle catéchuménal, mais que ce modèle, pour répondre au défi catéchétique qui est le nôtre aujourd’hui, invite à réfléchir à nouveaux frais une théologie de l’initiation chrétienne.

Mon exposé se divisera donc en deux parties : dans une première partie, je reviendrai sur la manière dont le catéchuménat des adultes français – et, plus largement européen - s’est longtemps compris comme un modèle pastoral apte à re-fonder l’église, avec pour témoin de cette ambition l’expression longtemps utilisée « Pastorale catéchuménale ». Dans une seconde partie, je tenterai de montrer qu’aujourd’hui, s’appuyer sur la pratique catéchuménale dans sa dimension pastorale ne suffit plus pour comprendre le modèle catéchuménal. Il s’agit en effet de s’appuyer d’abord sur la dimension d’initiation de ce modèle et, partant, sur une théologie de l’initiation chrétienne ayant pour fondement ce que j’appellerai en finale l’action mystagogique.

1. Le catéchuménat compris d’abord comme un modèle pastoral.

Permettez-moi de revenir rapidement sur la renaissance du catéchuménat dans la seconde moitié du 20ème siècle. Je le ferai à partir de l’expérience française. En effet, la France est, d’une part, le premier pays de vieille tradition chrétienne à instituer un catéchuménat des adultes dès les années cinquante, avant même la décision du concile Vatican II de restaurer le catéchuménat. D’autre part, le catéchuménat français a également inspiré les autres catéchuménats européens et également d’Amérique du Nord. Si le marqueur essentiel de la remise en vigueur du catéchuménat a bien sûr été la recrudescence significative des demandes de baptêmes d’adultes, le catéchuménat a compris sa mission de manière plus large. Il a eu ce que l’on peut considérer comme une ambition pastorale, ambition qui n’a pas été jusqu’ici suffisamment relevée et qui fait l’objet de ma première partie.

1.1 Un catéchuménat « contemporain ».

Ce que je voudrais d’abord souligner, c’est que la remise en vigueur du catéchuménat, dans la seconde moitié du 20ème siècle, en France comme en Europe, voit l’émergence d’un « nouveau » catéchuménat. Je l’appelle « catéchuménat contemporain », pour le distinguer des deux autres périodes de pratique catéchuménale dans l’histoire de l’église, la période antique – les premiers siècles - et la période de tentatives de restauration du catéchuménat dans les pays dits de mission, du 16ème au 20ème siècle. On peut donc distinguer trois périodes dans la tradition catéchuménale de l’église. Ces périodes ont pour point commun que l’église doit chaque fois faire face à une urgence missionnaire. Mais chacune de ces périodes se distingue par son contexte et par une mise en œuvre et une compréhension spécifiques de la pratique catéchuménale. C’est bien sûr le cas dans l’après-guerre en France, où domina la volonté de reconquérir le milieu ouvrier considéré comme « perdu » par l’église, volonté encouragée par des demandes de baptêmes de la part d’adultes issus pour la plupart de ce milieu. Ceci dans un contexte de sécularisation et de déchristianisation de plus en plus prégnant. à partir de là, en même temps que l’on commençait à expérimenter l’accompagnement, le parrainage et les liturgies catéchuménales, le catéchuménat suscitait beaucoup d’espoir pour un renouvellement de l’église, en France comme en Europe[1].

Avant de donner quelques caractéristiques de ce catéchuménat contemporain, il importe de souligner que, de même que la restauration du catéchuménat par le concile Vatican II, marqueur bien connu de la naissance d’un catéchuménat contemporain, la rédaction de l’Ordo initiationis christianae adultorum[2] est un marqueur essentiel de ce catéchuménat. En effet, on ne souligne pas assez que ce rituel est inédit, aucun rituel n’ayant été jusque-là consacré à une mise en œuvre par étapes de l’initiation chrétienne des adultes. De plus, ce Rituel, fait le lien entre la période contemporaine et l’Antiquité chrétienne, puisqu’il en reprend les rites essentiels, étant ainsi témoin d’une tradition catéchuménale vivante de l’église, conjuguant caractère inédit et continuité par la mise en œuvre de rites datant des premiers siècles. On peut remarquer que l’adaptation française ad interim de ce rituel, qui fut utilisée de 1974 à 1996, date de parution de la version actuelle[3], conserva le titre de Rituel du baptême des adultes par étapes. Un indice de la difficulté du catéchuménat français à prendre vraiment en compte l’initiation chrétienne dans son processus global.

1.2 Une conception inédite du catéchuménat.

En fait, la manière de concevoir le catéchuménat des adultes à l’époque contemporaine est elle-même inédite. Trois de ses caractéristiques suffiront à le montrer.

1.21 Une « institution catéchuménale ».

Le fait même d’évoquer une « institution catéchuménale » marque la spécificité du catéchuménat contemporain. En effet, il n’est pas sans paradoxe de créer une structure propre au catéchuménat alors que l’initiation des catéchumènes devrait être l’émanation naturelle de l’évangélisation des communautés chrétiennes, comme c’était le cas dans l’Antiquité et dans les pays dits de mission. Or, en France, dès les premières expérimentations, à la fin des années quarante, certains prêtres réclamaient un « catéchuménat moderne »[4] étant donné le contexte de déchristianisation. Les évêques, conscients de la nécessité de mutualiser ces expérimentations, entendirent cette demande et structurèrent et institutionnalisèrent le catéchuménat[5]. Avec pour objectif que toute personne demandant à devenir chrétienne puisse profiter d’une formation appropriée, autant dans les grandes villes que dans le monde rural, et que tous les prêtres acceptent et respectent la démarche catéchuménale.

1.22 Un catéchuménat confronté à une Église « en place ».

Une autre caractéristique du catéchuménat contemporain est sa confrontation à une église « en place ». En effet, contrairement à la pratique catéchuménale dans la période antique et dans les pays dits de mission, où cette pratique était issue d’églises en train de s’implanter et, de ce fait, où l’initiation des catéchumènes et la persévérance des néophytes étaient essentielles[6], la pratique catéchuménale contemporaine naît dans une église « déjà là », le baptême des nouveaux nés, notamment, étant la norme. Ainsi, l’une des premières tâches des acteurs du catéchuménat a été de sensibiliser sur la nécessité et sur l’importance de la pratique catéchuménale. Le catéchuménat des adultes a en effet longtemps été considéré, en France et en Europe, comme un rattrapage et les catéchumènes comme des « bêtes curieuses ».

Cette confrontation à l’« Église telle qu’elle est »[7] a eu une conséquence inattendue : le catéchuménat a longtemps été considéré par ses acteurs comme un signe de contradiction dans une Église trop peu attentive à « ceux du dehors », trop ecclésio-centrée. Le savoir-faire missionnaire du catéchuménat fut alors opposé à un christianisme trop « routinier ». De ce fait, puisqu’il apparaissait impossible d’initier les catéchumènes au sein des communautés paroissiales existantes, jugées peu vivantes[8], la recherche au catéchuménat se focalisa longtemps sur la création de communautés nouvelles, pour fonder à partir des catéchumènes et des néophytes une nouvelle manière de vivre l’Église[9].

1.23 Un catéchuménat qui n’est pas que pour les catéchumènes.

De ce fait, et c’est la troisième caractéristique du catéchuménat contemporain, les praticiens du catéchuménat ne réservèrent pas la pratique catéchuménale aux seuls catéchumènes. Le catéchuménat a été en effet considéré, dès le début, comme « le point de jonction où se rencontrent, à la porte de l’église, ceux qui, en quête d’absolu, ont suivi des voies diverses »[10], comme l’écrivait Louis Rétif, un pionnier du catéchuménat français. Il est donc question d’une conception large du catéchuménat, lieu de rencontre de tous les gens en recherche, dans leur diversité. Les groupes catéchuménaux vont ainsi accueillir toutes les personnes ne se retrouvant pas dans la pastorale ordinaire. Dans son exhortation apostolique Catechesi tradendae, Jean-Paul II évoque lui-même ces « presque catéchumènes »[11]. Á partir du catéchuménat va ainsi naître ce que l’on a appelé, à partir des années quatre-vingt dix, la « pastorale des recommençants »[12], ces personnes ayant été chrétiennes et ayant pris de la distance avec la foi et avec l’Église et désirant redevenir chrétiennes. Il fut même question de mettre en place un « catéchuménat des recommençants »[13].

1.3 Un catéchuménat se présentant comme une alternative pastorale : la « pastorale catéchuménale ».

Ces quelques caractéristiques suffisent à comprendre que le catéchuménat contemporain a été envisagé comme une pratique qui ne se réduisait pas à l’initiation des adultes non baptisés ou non eucharistiés. Une expression va d’ailleurs longtemps symboliser l’ambition du catéchuménat d’être une alternative pastorale : la « Pastorale catéchuménale »[14]. Le seul ouvrage publié par la Conférence européenne des catéchuménats[15], en 1990, porte d’ailleurs ce titre : Aux commencements de la foi. Pastorale catéchuménale en Europe aujourd’hui[16] et le premier colloque international sur le catéchuménat, organisé à Lyon en 1993, emploie encore cette expression[17].

La pastorale catéchuménale, c’est bien sûr la mise en œuvre de la pratique catéchuménale, c’est-à-dire la catéchèse catéchuménale, les étapes liturgiques, le parrainage..., mais c’est davantage : le catéchuménat s’est en effet proposé comme une alternative pastorale dans un contexte de sécularisation et de déchristianisation croissantes. Il fut alors explicitement question, pour ses praticiens, d’inspirer la pastorale d’ensemble, de faire exister « une autre pastorale que celle des paroisses »[18]. L’église étant considérée comme trop réservée à « ceux du dedans »[19] et la préparation aux sacrements comme trop réduite au « tout ou rien ».  L’adjectif  « catéchuménal » connut alors une véritable  inflation, jusqu’à qualifier l’Église elle-même, puisque l’on espérait qu’advienne une « Église catéchuménale »[20], c’est-à-dire une église aux « nouvelles formes de communautés chrétiennes » pour pallier l’état des « communautés traditionnelles, souvent peu vivantes »[21].

Le catéchuménat a ainsi été compris comme un lieu de naissance d’Église, voire de « construction d’Église »[22] et de croissance d’église[23], à partir de l’expérience de conversion des catéchumènes. On parlait de la nécessité d’avoir un « état d’esprit catéchuménal » : ouverture à tous, acceptation du pluralisme des idées et des questions, non fixation sur la pratique dominicale…  Face à une société en mutation, l’urgence était de mettre en œuvre une pastorale de proximité, d’accueil en liberté des gens en recherche, urgence de « faire germer […] de nouvelles cellules d’église, des communautés nouvelles »[24] avec les catéchumènes, les nouveaux baptisés, les personnes en recherche, comme l’exprimait une rencontre nationale du catéchuménat français en 1973[25]. Le modèle catéchuménal fut donc compris comme un modèle pastoral avec comme prototype, si l’on peut dire, la « communauté catéchuménale ». Le directeur national du catéchuménat français, évoquant en 1977 le groupe catéchuménal, en parlait d’ailleurs comme du « petit groupe minoritaire qui sera l’église de demain »[26], ajoutant : « N’oublions pas qu’au catéchuménat, notre compétence est pastorale ».

Cette préoccupation pastorale qu’a eue le catéchuménat dans la seconde moitié du 20ème siècle en France et en Europe est bien sûr justifiée. Elle a d’ailleurs des échos aujourd’hui. Le pape François, dans son exhortation apostolique La joie de l’évangile, fait lui-même allusion à « un état permanent de mission » qui demande une « pastorale en conversion » et un « renouveau ecclésial qu’on ne peut différer »[27]. Le catéchuménat a bien sûr joué un rôle important dans la prise de conscience de la nécessité de faire bouger les lignes pastorales dans des sociétés en mutation. Mais j’ai voulu souligné que de là n’émerge pas un modèle spécifique pour la catéchèse. La spécificité du modèle catéchuménal n’est pas dans la mise en œuvre d’une « pastorale catéchuménale » qui ne fait qu’émarger à la priorité missionnaire de toute l’église et n’en a été que l’un des aspects. Bien sûr, l’accent fortement missionnaire de l’accueil et de l’accompagnement d’adultes vers le baptême et d’une première annonce de la foi a beaucoup marqué. Mais si l’on veut spécifier le modèle catéchuménal, c’est du côté de la mise en œuvre de l’initiation chrétienne qu’il faut se tourner. Ce que je vais faire dans ma seconde partie.

2. Comprendre le modèle catéchuménal à partir de l’initiation chrétienne.

Comme l’écrit en 1991 le théologien de la liturgie Dominique Lebrun[28], évoquant l’expérimentation du Rituel de l’initiation chrétienne des adultes : « Il ne semble pas que les expériences se soient intéressées à la signification et à la redécouverte de l’Initiation »[29]. Or, ajoute-t-il, « c’est en fonction des sacrements de l’initiation que le catéchumène est conduit, l’Initiation ne reçoit du catéchuménat ni sa raison d’être ni sa définition »[30]. Il importe ainsi d’envisager le catéchuménat dans sa relation à l’initiation chrétienne. Partant, de penser théologiquement cette initiation pour mieux comprendre le modèle catéchuménal.

2.1 Un modèle baptismal.

La mise en œuvre de l’initiation chrétienne au catéchuménat a d’abord pour socle le baptême des adultes. C’est cette dimension baptismale de l’initiation chrétienne que le catéchuménat a d’abord permis de redécouvrir, dimension baptismale de la foi et de la vie chrétienne. Le théologien Henri Bourgeois, dont la réflexion a profondément marqué la pratique et la réflexion catéchuménales en France et au-delà, met ainsi en avant le « signe baptismal »[31] que représentent les demandes de baptêmes d’adultes. Il parle d’une nouvelle « conscience baptismale en Europe »[32] et même d’une « chance baptismale en Europe »[33]. Car, selon lui, le « caractère baptismal de l’identité personnelle chrétienne et donc de la communauté ecclésiale a de quoi rejoindre l’attente » de nos contemporains.

Dans son ouvrage L’initiation chrétienne et ses sacrements[34], Henri Bourgeois dit l’importance de « réactualiser le baptême »[35] en réhabilitant les commencements de la foi : « Actualiser le baptême, écrit-il, […], ce n’est pas simplement essayer de vivre en baptisés. C’est plus que cela. Il s’agit de laisser agir le baptême […] en nos vies. En évitant que ce sacrement ne soit recouvert par d’autres gestes sacramentels qui seraient censés supérieurs à lui »[36]. Il regrette alors que les communautés chrétiennes soient « unilatéralement centrées sur l’eucharistie ». Car, selon lui, le changement d’époque est « en attente d’une signification renouvelée du baptême ». Dans le contexte actuel, il s’agit de privilégier les commencements et les recommencements de la foi, ce que fait justement une « sensibilité baptismale »[37]. Sa réflexion, qui date de 1982, a de vrais échos aujourd’hui, notamment lorsqu’il écrit: « être chrétien, c’est se sentir toujours un débutant dans la foi et s’étonner sans cesse de croire à l’évangile dans un monde où l’indifférence domine et où le message chrétien se banalise dans la routine du trop connu et l’équivoque rumeur des médias »[38]. En lisant ces lignes, on pense par exemple aux appels pressants du magistère à manifester aujourd’hui la joie de croire.

Cet acquis de la pratique catéchuménale auprès des adultes n’est pas le moindre : ne plus comprendre le baptême comme simple rite de naissance et d’appartenance, mais davantage comme un geste de conversion et d’adhésion évangélique. Les baptêmes d’adultes ont permis de mettre l’accent sur l’importance de la dimension baptismale de l’initiation chrétienne, sur le rôle de la conversion, mais aussi sur la dimension initiatrice de l’eucharistie et de la confirmation.

2.2 La relation entre catéchuménat et initiation chrétienne.

S’il a fallu du temps au catéchuménat pour se comprendre comme mise en œuvre de l’initiation chrétienne, c’est parce que cette expression, « initiation chrétienne », restait attachée aux enfants, mais aussi à une demande jugée trop « religieuse »,  - c’est-à-dire formelle et sans fondement de foi -, trop « liturgique » - le danger du ritualisme - et trop « sacramentelle » - le danger du sacramentalisme[39] -, toutes choses dont on avait alors une représentation négative au catéchuménat des adultes, préférant l’approche pastorale, comme nous l’avons vu.

Le catéchuménat contemporain a ainsi participé à cet « antiritualisme » qui régnait alors dans le champ à la fois de la théologie systématique et de la pratique pastorale. Comme le note le professeur Henri-Jérôme Gagey, « le risque qui en résultait [était] de réduire l’essentiel du christianisme à une sorte d’éthique humaniste »[40]. De fait, la prise en compte des sacrements d’initiation et de la liturgie n’a pas, paradoxalement, été prioritaire pour le catéchuménat. Celui-ci s’est longtemps cantonné à ne proposer qu’une « initiation liturgique » aux catéchumènes[41], mais sans que l’ensemble du Rituel soit pris en compte globalement. Le catéchuménat a surtout été pensé comme introduction progressive « dans l’intelligence de la liturgie et de sa symbolique »[42], comme initiation à la liturgie et aux sacrements mais peu comme initiation par la liturgie et par les sacrements. La liturgie catéchuménale resta, de plus, longtemps confidentielle, peu comprise dans sa dimension ecclésiale et peu mise en œuvre dans les paroisses.

Pourtant, Joseph Ratzinger écrivait dès 1976 :

Le catéchuménat n’est pas qu’une simple instruction religieuse, mais il fait partie d’un sacrement, et pas comme préalable, mais comme partie intégrante. D’autre part, le sacrement n’est pas qu’une cérémonie liturgique, mais un mouvement, un chemin qui engage toutes les forces humaines, raison, volonté, sensibilité[43].

Ce qui a peut-être manqué, c’est justement de considérer le processus catéchuménal dans sa globalité, sa cohérence, dans sa dimension sacramentelle, dans sa dimension d’initiation chrétienne. On a privilégié l’initiation aux sacrements au détriment de l’initiation par les sacrements. On n’a pas mesuré le caractère systémique du processus d’initiation chrétienne.

2.3 Le modèle catéchuménal, un modèle d’abord liturgique et sacramentel.

Car c’est bien le processus global de l’initiation chrétienne qui est à prendre en compte, d’abord comme processus liturgique et sacramentel. Pour le professeur Henri-Jérôme Gagey, les théologiens de la liturgie ont permis de penser théologiquement « le caractère nécessairement rituel de la foi chrétienne »[44]. Or, ceci me semble au cœur du catéchuménat et, partant, du modèle catéchuménal. Cette ritualité de la foi chrétienne se manifeste en effet de manière essentielle dans le devenir chrétien, si l’on prend bien en compte le rôle et la portée des étapes liturgiques proposées par le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes.

Ainsi, si devenir chrétien c’est passer à la condition de disciple, ce passage s’accomplit de manière paradigmatique au catéchuménat, et essentiellement par la liturgie de l’initiation chrétienne qu’il déploie. La liturgie permet en effet de passer d’une situation d’échange, de dialogue entre les catéchumènes et les accompagnateurs à une situation d’accueil par les catéchumènes d’une interpellation qui leur est adressée et qui suscite d’eux une réponse[45]. Ce passage par la liturgie est essentiel en ce qu’il souligne le rôle éminent d’une part de la Parole de Dieu dans la vie de disciple et, d’autre part, de la place du corps comme « chemin de Dieu »[46] dans la vie chrétienne. Pour penser la relation entre le catéchuménat et l’initiation chrétienne, il est donc nécessaire de comprendre comme première la mise en œuvre de la dimension liturgique de cette initiation, et que les sacrements d’initiation ne sont pas la conclusion d’un itinéraire mais le début d’une vie baptismale appelée à toujours s’approfondir. Car si on est chrétien par ces sacrements, on ne cesse de le devenir. Sans négliger aussi le fait que la ritualité participe elle-même de la transmission des contenus de la foi, comme le note le théologien de la liturgie Patrick Prétôt en évoquant l’exemple du signe de croix : « Le geste du signe de croix, écrit-il, si habituel qu’on risque de le considérer sans véritable portée, appartient aux contenus de la foi transmis par la liturgie »[47].

Un autre rôle de la liturgie de l’initiation chrétienne est à souligner : elle initie aussi au temps chrétien. En effet, par son ordre séquentiel (les étapes successives) et par la répétition de certains gestes (imposition des mains, onctions…), l’initiation chrétienne dit le temps et la répétition nécessaires pour assimiler le mystère inépuisable de la foi, à une époque où c’est l’immédiateté et le « toujours nouveau » qui priment. La  succession linéaire de rites qu’offre le temps liturgique au catéchuménat veut à la fois décourager les catéchumènes de rêver d’une maîtrise immédiate du temps et de la foi et les encourager à faire confiance à une histoire dans laquelle ils entrent et dont ils ne sont pas les premiers acteurs, comme leur signifie d’ailleurs la litanie des saints chantée au moment de leur baptême, le soir de Pâques. En quelque sorte, à une époque où la fidélité pose question, l’initiation chrétienne offre une certaine capacité à surmonter cet obstacle, si l’on fait confiance à sa ritualité.

Enfin, comprendre le modèle catéchuménal ne va pas sans réflexion en théologie sacramentaire. Si la dimension sacramentelle de l’initiation chrétienne est essentielle, cette sacramentalité doit être comprise comme une sacramentalité qui se déploie durant tout l’itinéraire catéchuménal. Celui-ci est en effet tout entier initiatique car tout entier sacramentel. Il importe ainsi de le considérer dans sa globalité, pour éviter de le comprendre comme uniquement un processus préparatoire[48]. Tout se passe comme si la sacramentalité du processus catéchuménal déponctualisait[49] l'acte sacramentel. On devient chrétien en entrant dans une « sacramentalité étalée dans le temps »[50]. Si les catéchumènes ne sont pas seulement initiés aux sacrements d’initiation mais aussi par ces sacrements, reçus le soir de Pâques, chaque étape de l’initiation, chaque séquence du cheminement participent de leur initiation. Ils sont en fait initiés par tout l’itinéraire catéchuménal : itinéraire liturgique, catéchétique, ecclésial... Il n'y a plus alors aucun risque qu’ils comprennent la foi, le don de la foi, la grâce de Dieu comme le résultat mérité de leur bonne motivation et de leur docilité au parcours proposé. Peut-on d’ailleurs jamais être « prêt » à recevoir le baptême, la confirmation et l’eucharistie ? Cela voudrait dire qu’il est possible d’être à la hauteur du don d’amour que Dieu fait à chacun et à l’humanité tout entière. L’initiation chrétienne, par la mise en œuvre du Rituel de l’Initiation Chrétienne des Adultes, permet justement de comprendre que la vie chrétienne est la réponse à ce don qu’elle dispose constamment à recevoir. L’un des objectifs de la durée de l’initiation est donc d’apprendre à durer dans la foi, de prendre conscience que la vie chrétienne est une vie qui se déploie, malgré les difficultés, par la capacité qu’acquiert le disciple à consentir à l’œuvre de l’Esprit Saint en lui.

De plus, la théologie contemporaine des sacrements, notamment celle du théologien Louis-Marie Chauvet, peut aussi aider à comprendre le modèle catéchuménal par sa manière de repenser l’efficacité des sacrements à travers l’analogie du symbolique[51], mais par sa réflexion sur le rite : un rite qui inaugure, n’allant jamais jusqu’au bout du mystère qu’il révèle, un rite qui fait faire ainsi aux catéchumènes l’expérience essentielle de consentir au manque[52], c’est-à-dire de consentir à la fragilité de la foi qu’ils sont en train de découvrir, un rite qui aura à se déployer dans l’existence. Bref, un rite qui participe pleinement à la conversion qu’il sollicite étant donné le rôle structurant du symbolisme dans les célébrations liturgiques catéchuménales.

2.4 L’apport de la réflexion en théologie catéchétique.

La catéchèse a pris elle-même en compte la réflexion sur l’initiation. De nombreuses conférences épiscopales se sont d’ailleurs penchées sur cette question dans les années 90-2000. On peut même dire que la réflexion sur la relation entre modèle catéchuménal et initiation chrétienne a progressé quand elle a été pensée à partir du contexte actuel de difficulté de  la transmission de la foi.

C’est justement ce qu’a fait la réflexion catéchétique en France. Elle fut menée à partir de la Lettre aux Catholiques de France en 1996 et de l’option prise par les évêques français de la proposition de la foi : « Notre église tout entière, écrivaient-ils, doit se mettre davantage en état d’initiation, en percevant et en accueillant plus résolument la nouveauté de l’évangile pour pouvoir elle-même l’annoncer »[53]. Mgr Ricard, concluant l’assemblée des évêques français en 2004, disait : « En un certain sens, toute catéchèse a une visée d’initiation, au sens où elle fait entrer toujours plus profondément dans la compréhension et l’expérience du mystère du salut »[54]. L’originalité de cette réflexion catéchétique tient notamment à l’expérience proposée aux communautés chrétiennes par la Commission épiscopale française de la catéchèse et du catéchuménat[55], au début des années 2000, d’approfondir le sens de la Vigile pascale et de relire leur action catéchétique à partir du déroulement de celle-ci. L’ensemble de cette démarche a abouti au Texte National pour l’Orientation Catéchétique en France[56].

La réflexion catéchétique sur l’initiation a également été menée à l’ISPC. Cette réflexion a su replacer la notion d’initiation dans le mécanisme du transmettre. Il fut alors explicitement fait référence à la nouvelle situation sociétale et religieuse, notamment à la complexité du monde actuel, au pluralisme de la postmodernité, à la difficulté de transmission de la foi. Alors que les acteurs du catéchuménat avaient négligé cette crise de la transmission, pensant que la pastorale catéchuménale mise en œuvre suffirait à la réduire et à la dépasser, comme je l’ai évoqué dans ma première partie. Si l’initiation chrétienne, en contexte catéchuménal, a eu tendance à être mise en parallèle avec le modèle ethnologique de l’initiation, le théologien de la catéchèse Denis Villepelet a, lui, rapproché les notions de « pédagogie » et d’« initiation ». Si la catéchèse est invitée par le Directoire Général pour la Catéchèse « à annoncer les mystères du christianisme »[57], il est normal de se référer à la catégorie du mystère pour la pratique catéchétique. Denis Villepelet a ainsi opté pour le « chemin pédagogique de l’initiation » pour la catéchèse. Car « on n’entre pas dans le mystère, on y est initié »[58]. Si la catéchèse est une invitation permanente à entrer dans le mystère de la foi, si à chaque époque elle est l’écho de la Révélation divine, alors elle relève d’une « culture pédagogique de l’initiation »[59]. Or, cette pédagogie doit s’appuyer sur une théologie de l’initiation chrétienne qui conteste, en premier lieu, qu’il y ait un achèvement de l’initiation. Ce que révèle, paradoxalement, la structure même de l’initiation chrétienne, qui se termine par l’eucharistie, seul sacrement parmi les trois sacrements d’initiation qui soit réitérable : « tout est fait » et « tout reste à faire ».

Le modèle catéchuménal issu de cette réflexion permet de penser la diversité des formes catéchétiques[60] nécessaire aujourd’hui pour répondre aux appels de nos contemporains, de noter l’importance du rôle kérygmatique de la catéchèse, d’insister sur « les commencements et les recommencements de la foi plutôt que sur les achèvements ou les aboutissements »[61], et de prendre en compte la nécessité de favoriser la rencontre avec le Christ tout au long de la vie. D’autant plus que le changement d’époque que nous vivons implique que croire, cela fait l’objet d’un choix toujours à refaire. D’où la complexité de l’annonce de la foi.

2.5 Modèle catéchuménal et action mystagogique.

Le modèle catéchuménal a donc des accents pastoraux, fortement soulignés dans le catéchuménat des adultes durant la seconde moitié du 20ème siècle en France et en Europe. Il est aussi un modèle baptismal, dans la mesure où la demande de baptême d’adultes renvoie à la dimension baptismale de la foi. Mais, nous l’avons vu, c’est bien par la théologie de l’initiation chrétienne que l’on peut le mieux comprendre ce modèle. C’est un modèle où la dimension rituelle et liturgique est première et qui donne à penser théologiquement la foi en constant renouvellement. Je reprends ici une expression du professeur Gagey, à propos de la théologie des sacrements, qui me semble convenir parfaitement à la théologie de l’initiation chrétienne : celle-ci doit « se découvrir essentiellement comme une théologie mystérique de l’action liturgique »[62].

Il reste à préciser que cela génère des tensions fécondes. Entre une conversion comprise comme initiale et une conversion permanente, entre la proposition d’itinéraires sacramentels ou catéchétiques et le cheminement de chaque personne qui est à respecter, entre la recherche des meilleures voies possibles à proposer pour favoriser la rencontre avec le Christ et la non-maîtrise de cette rencontre, puisque c’est le Christ lui-même qui initie. Ces tensions trouvent leur lieu pratique dans l’articulation catéchèse et liturgie avec comme exemple typique l’articulation étapes liturgiques et périodes de maturation du Rituel de l’initiation chrétienne des adultes. En effet, la prédominance de la liturgie dans l’initiation chrétienne ne doit pas faire oublier que c’est l’alternance et l’imbrication de périodes de maturation et de moments liturgiques qui donnent à cette initiation la capacité de déployer la vie chrétienne et qui permettent aux catéchumènes d’en faire l’expérience et l’apprentissage. Si cela se joue de manière systémique dans les articulations catéchèse-liturgie proposées par tout l’itinéraire catéchuménal, la structuration de la foi des catéchumènes dépend également de l’articulation de tous les événements du catéchuménat : rendez-vous catéchétiques, assemblées catéchuménales, rencontres avec la communauté, étapes liturgiques… L’enjeu étant le déploiement de la vie baptismale durant l’itinéraire lui-même. De fait, la maturité baptismale n’attend pas la fin de l’itinéraire catéchuménal pour se manifester ni la vie chrétienne pour débuter. Par exemple, le premier geste de l’initiation – le signe de croix –, que j’ai déjà évoqué, signe que les catéchumènes reçoivent sur tous leurs sens lors de l’Entrée en catéchuménat, comporte déjà en lui-même toute la force de l’annonce kérygmatique et de la vie chrétienne. Nous devons ainsi faire droit au rôle « maturant » et structurant de tous les gestes de l’initiation, des sacramentaux, mais aussi des périodes dites justement de maturation. Si célébrer chaque étape liturgique de l’itinéraire n'est d’ailleurs possible que grâce à la maturité croyante de la personne, la célébration de chaque étape liturgique crée elle-même une maturité nouvelle. Ceci est d’ailleurs signifié par les changements de nom des « initiés » tout au long de l’itinéraire catéchuménal, que j’énumère sans les détailler : « sympathisants », « candidats », « catéchumènes », electi, competentes, illuminandi, « néophytes » et « fidèles ». Soutenues par une catéchèse ajustée, les étapes liturgiques marquent ainsi et réalisent des transformations chez les catéchumènes, pour leur vie de foi et dans leur existence concrète.

L’essentiel du modèle catéchuménal se situe certainement là, dans l’articulation possible, selon le modèle de l’initiation chrétienne, entre expérience liturgique et vie chrétienne. Or, cette articulation est le propre de l’action mystagogique. L’initiation des catéchumènes est une action mystagogique en tant qu’elle favorise leur entrée dans le rite et, par la catéchèse proprement dite, de sortir du rite pour que celui-ci se prolonge dans la vie chrétienne elle-même. L’initiation chrétienne est tout entière cette entrée dans le mystère pascal, pour le comprendre et pour en vivre. Le modèle catéchuménal est donc un modèle d’abord mystagogique. Qualifier le modèle catéchuménal de mystagogique, c’est honorer l’apport conjoint de la pratique catéchuménale elle-même, de la liturgie, de la sacramentalité de l’initiation chrétienne et de sa dimension catéchétique. Mais l’intérêt de réfléchir ce modèle à partir de la mystagogie, c’est aussi que l’action mystagogique envisage l’initiation à partir du rite qui inaugure et, ce faisant, à partir de la corporéité de la foi, le corps devenant alors, selon Louis-Marie Chauvet, « le paradigme de la communication entre Dieu et les hommes ». Cette mise en œuvre de l’initiation chrétienne comme apprentissage « corporel » de la vie chrétienne est d’autant plus pertinent que nos sociétés modernes sont devenues, selon le sociologue polonais Zygmunt Bauman, des « sociétés liquides ». C’est-à-dire des sociétés où « le monde se découpe en tranches dépareillées, nos vies individuelles [s’émiettant] en une succession de moments incohérents », où les individus sont aux prises avec les « tourments de l’ambivalence », notamment dans la construction de leur identité. Bref, où c’est jusqu’à l’être-au-monde de chacun qui est mis à mal. D’où la pertinence de la mise en œuvre symbolique que propose le modèle catéchuménal, dimension symbolique à laquelle nos contemporains restent très sensibles. D’où la pertinence également  de la proposition d’itinéraires catéchétiques de type catéchuménal sur le modèle du Rituel de l’initiation chrétienne des adultes, itinéraires qui déploient eux-mêmes une action mystagogique.

Enfin, cette action mystagogique doit bien sûr prendre en compte les personnes d’aujourd’hui dans leur complexité. Si, en commençant, j’ai souligné certains excès de la pastorale catéchuménale, en finissant mon exposé, je voudrais souligner que l’action mystagogique telle qu’elle devrait se déployer dans l’initiation chrétienne et, aujourd’hui, dans les diverses propositions catéchétiques, ne peut se passer de la « conversion pastorale » qu’évoque le pape François.

Conclusion.

Les Lineamenta préparatoires au Synode des évêques sur « la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne » évoquaient l’initiation comme « un ingrédient essentiel du devoir d’évangéliser »[63]. Avec lucidité, ce texte notait aussi que, dans la pratique de l’initiation, « il y a eu des malentendus, c’est-à-dire la volonté d’interpréter les transformations requises comme l’occasion d’introduire des logiques de rupture […] On voyait dans la nouveauté naissante […] la possibilité d’instaurer des formes sociales inédites pour dire et vivre le christianisme »[64]. Pour répondre à la nouveauté que représentent les nouvelles démarches de foi, l’on a pu, et l’on pourrait encore, interpréter ainsi le modèle catéchuménal, dans une certaine logique de rupture.

Par contre, le Synode sur la Nouvelle évangélisation a évoqué l’importance de la dimension mystagogique de l’initiation. Dans ses travaux préparatoires[65], mais également dans sa proposition finale n°38 qui propose que le processus traditionnel de l'initiation chrétienne « soit partout pris en compte dans une perspective catéchuménale donnant davantage de pertinence à une mystagogie permanente »[66]. Enfin, dans l’exhortation apostolique du Pape François qui parle de la nécessité d’un « renouvellement mystagogique »[67] de l’initiation. Voilà qui ouvre des perspectives quant à un modèle catéchuménal davantage compris comme mise en œuvre  d’une action mystagogique dont j’ai tenté de donner quelques caractéristiques. Cela reste l’un des défis majeurs pour l’initiation chrétienne dans le changement d’époque qui est le nôtre. Le thème de notre congrès ici à Santiago revêt donc une importance particulière.


[1] « C’est un Esprit nouveau qui souffle en une Nouvelle Pentecôte. Nos paroisses […] ont besoin des catéchumènes, comme un grand malade d’une transfusion de sang », écrivait Louis Rétif en 1947, L. Rétif, « De la catéchèse au catéchuménat »,  dans Evangélisation, Congrès national de Bordeaux de l'Union des Œuvres catholiques de France, 1947, p.142.

[2] Ordo initiationis christianae adultorum (OICA), promulgué le 6 janvier 1972.

[3] Rituel de l’initiation chrétienne des adultes (RICA).

[4] C’est le cas de Louis Rétif : « C’est dans un  retour aux sources que nous découvrirons l’esprit qui doit animer nos recherches pour un catéchuménat moderne », L. Rétif, « De la catéchèse au catéchuménat »,  dans Evangélisation, op. cit., p. 134.

[5] La mise en place de structures diocésaines avait débuté dès 1953, avec la nomination  du premier prêtre responsable diocésain du catéchuménat dans le diocèse de Lyon. En fait, l’organisation du catéchuménat va calquer celle de la catéchèse : structure diocésaine, régionale et, à partir de 1964, nationale, avec la création d’un Service National du Catéchuménat.

[6] Comme l’exprimait le cardinal Lavigerie : « [Il faut éviter]  le péril de voir la mission péricliter et retourner à chaque instant en arrière par les apostasies ; les apostats, en effet, surtout les grands et les puissants, deviendraient les plus dangereux ennemis de la mission »[6], Lavigerie, La mission universelle de l’Eglise, textes réunis par X. de Montclos, Cerf, p. 108-109.

[7] Expression que l’on retrouve souvent dans les documents du catéchuménat français.

[8] Le catéchuménat du diocèse de Poitiers écrit par exemple en 1969 : « On a peut-être trop joué la carte de l’intégration aux communautés chrétiennes existantes qui n’assurent pas le soutien nécessaire. Et si, à partir de quelqu’un qui fait une démarche vers la foi, on essayait de créer une communauté nouvelle, ouverte, qui questionne les communautés ou groupes existants ?», cité dans Pascal Thomas, Pour une mémoire catéchuménale. Petite histoire du catéchuménat français 1950-1992, Croissance de l’Église, 1992, p. 77.

[9] C’est le thème de la rencontre nationale du catéchuménat des 12 et 13 novembre 1977 : « Le catéchuménat : un avenir pour l’église ? », cf. Compte-rendu de cette rencontre dans Croissance de l’église n°45, 01/78.

[10] L. Rétif, « De la catéchèse au catéchuménat »,  dans Évangélisation. op. cit., p. 129.

[11] Jean-Paul II, Catechesi tradendae,1979, n° 44.

[12] Cf. H. Bourgeois, Redécouvrir la foi. Les recommençants, Desclée de Brouwer, 1993.

[13] H. Bourgeois, Théologie catéchuménale, Le Cerf, 2007 (1991), p. 231-232.

[14] La revue nationale du catéchuménat français, Croissance de l’église, portera longtemps comme sous-titre : « Pastorale catéchuménale ».

[15] Aujourd’hui Eurocat.

[16] Conférence des catéchuménats européens, Aux commencements de la foi. Pastorale catéchuménale, Médiaspaul, 1990.

[17] Cf. les Actes de ce colloque dans la revue Spiritus n° 134 (1994).

[18] Pascal Thomas, Pour une mémoire catéchuménale, op. cit., p. 77.

[19] Pour Henri Bourgeois par exemple, l’Église était alors tentée par l’« auto-consommation » : « Plutôt que de réserver les actions ecclésiales à des catégories déjà bien pourvues, n’est-il pas urgent de faire une Église ayant du temps, du cœur, un visage et des formes pratiques pour "les autres", nos frères et sœurs du seuil ou des marges ? », H. Bourgeois, Accueil et liberté, n° 13, octobre 1977, article paru dans La Croix du 12 octobre 1977.

[20] On trouve encore cette expression dans E. Alberich, Les fondamentaux de la catéchèse, Novalis/Lumen Vitae, 2006, p. 74-76.

[21] Cf. Croissance de l’église n°45, 01/78.

[22] E. Alberich, Les fondamentaux de la catéchèse, op. cit., p. 79.

[23] La revue du Service national français du catéchuménat a longtemps eu pour titre Croissance de l’église.

[24] Croissance de l’église n°45, 01/78.

[25] Cf. Compte rendu de la rencontre nationale du catéchuménat français des 7 et 8 avril 1973, dans Croissance de l’église n° 26-27, juin 1973.

[26] Croissance de l’église n°45, 01/78.

[27] François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, § 25.

[28] Mgr Dominique Lebrun est actuellement évêque de Saint-étienne.

[29] D. Lebrun, « Initiation et catéchuménat : deux réalités à distinguer », La Maison Dieu 185, 1991, p. 55.

[30] Ibid., p. 57.

[31] H. Bourgeois, « Pastorale catéchuménale et conscience baptismale en Europe aujourd’hui », dans Conférence des catéchuménats européens, Aux commencements de la foi… op. cit., p. 41.

[32] Ibid., p. 51.

[33] Ibid., p. 47.

[34] H. Bourgeois, L’initiation chrétienne et ses sacrements, coll. « Croire et comprendre », Paris, Le Centurion, 1982.

[35] Ibid., p. 19.

[36] Ibid., p. 28.

[37] Ibid., p. 42.

[38] Ibid., p. 40.

[39] Henri Bourgeois évoque le danger du sacramentalisme : H. Bourgeois, L’initiation chrétienne et ses sacrements, op. cit., p. 43.

[40] H.-J. Gagey, La vérité s’accomplit, coll. « Théologie », Paris, Bayard, 2009, p. 55.

[41] Et « aussi à tous ceux qui se trouvent en ré-initiation ». Cf. NERF, bulletin de liaison du catéchuménat français, n° 91, octobre 1987, p. 25.

[42] J.-B. Dousse, « L’initiation chrétienne catéchuménale », dans Conférence des catéchuménats européens, Aux commencements de la foi… op. cit., p. 98.

[43] J. Ratzinger, « Baptisés dans la foi de l’Église », Communio 5, 1976, p. 16.

[44] H.-J. Gagey, La vérité s’accomplit, op. cit., p. 55.

[45] Cf.  H.-J. Gagey, « La liturgie, milieu de l’annonce de l’évangile », dans F. Moog et J. Molinario, La catéchèse et la contenu de la foi, coll. « Théologie à l’Université », Paris, DDB, 2011, p. 97.

[46] Cf. L.-M. Chauvet, Le corps, chemin de Dieu. Les sacrements, coll. « Theologia », Paris Bayard, 2010.

[47] P. Prétot, « Liturgie, catéchèse et contenu de la foi », dans F. Moog et J. Molinario, La catéchèse et la contenu de la foi, op. cit., p. 108.

[48] Cf. I. Gazzola et  R. Lacroix, « Liturgie et vie chrétienne : une articulation en tension dans le Rituel de l’initiation chrétienne des adultes », La Maison-Dieu, n° 273, mars 2013, p. 105-107.

[49] Cf.  H. Bourgeois, Théologie catéchuménale, op. cit., p. 163.

[50] Ibid.

[51] H.-J. Gagey, La vérité s’accomplit, op. cit., p. 55.

[52] Cf. L.-M. Chauvet, Symbole et sacrement. Une relecture sacramentelle de l’existence chrétienne, coll. « Cogitatio fidei », n° 144, Paris, Cerf, 2008, pp. 182-183.

[53] Conférence des évêques de France, Proposer la foi dans la société actuelle. Lettre aux catholiques de France », Le Cerf, 1996.

[54] Cité par H. Derroitte, « Initiation et renouveau catéchétique », dans Henri Derroitte dir., Catéchèse et initiation, coll. « Pédagogie catéchétique 18 », Bruxelles, Lumen Vitae, p. 72-73.

[55] Cf. Commission épiscopale pour la catéchèse et la catéchuménat, Aller au cœur de la foi. Questions d’avenir pour la catéchèse, Bayard/Cerf/Fleurus-Mame, 2003.

[56] Conférence des évêques de France, Texte national pour l'orientation de la catéchèse en France et Principes d'organisation, Paris,  Bayard/ Fleurus Mame/Cerf, 2006.

[57] Directoire Général pour la catéchèse, 1997, § 33.

[58] D. Villepelet, L’avenir de la catéchèse, coll. « Interventions théologiques », Paris/Bruxelles, Les éditions de l’Atelier/Lumen Vitae, 2003, p. 63.

[59] Ibid., p.65.

[60] Cf. D. Villepelet, Les défis de la transmission dans un monde complexe. Nouvelles problématiques catéchétiques, coll. « Théologie à l’Université », Paris, DDB, 2009, p.25.

[61] D. Villepelet, L’avenir de la catéchèse, op. cit., p. 67.

[62] H.-J. Gagey, La vérité s’accomplit, op. cit., p. 58.

[63] Lineamenta de la XIIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques « la Nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne », 2011, § 18.

[64] Ibid.

[65] Les Lineamenta soulignent un défi pour l’Eglise : sa « capacité de redonner contenu et énergie à la dimension mystagogique des parcours d’initiation sans laquelle ces mêmes itinéraires résulteraient privés d’un élément essentiel dans le processus de génération à la foi », Ibid.

[66] Ibid.

[67] François, Evangelii Gaudium, 2013, § 166.